A1 Refereed original research article in a scientific journal

L’interprétation prosodique des points d’exclamation dans la parole des apprenants finnophones du français




AuthorsWiklund, Mari; Riippa, Anne

PublisherContextes et didactiques

Publication year2024

Journal: Contextes et Didactiques

Article number23

Publication's open availability at the time of reportingOpen Access

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Web address https://journals.openedition.org/ced/5140


Abstract

Chaque langue a un système intonatif qui lui est propre (Hirst & Di Cristo, 1998). Le français se caractérise par des mouvements intonatifs larges (e.g. Di Cristo, 1998 ; Mertens, 2008 ; Morel & Danon-Boileau, 1998 ; Rossi, 1999), tandis que l’intonation du finnois se caractérise par une certaine monotonie créée par une échelle de variations restreinte de la fréquence fondamentale (Iivonen, 1998). Dans cet article, nous comparons l’interprétation prosodique des points d’exclamation par des locuteurs finnophones du français et par un groupe de contrôle consistant en des locuteurs natifs du français.

Nos résultats indiquent que dans 64,0% des cas, les locuteurs natifs du français marquent la présence d’un point d’exclamation avec un mouvement intonatif du type ‘montée-chute’. Cela n’est pas étonnant, puisque selon les études antérieures (Delais-Roussarie et al. 2015 ; Di Cristo, 2016), ce type de schéma intonatif est typique des exclamations du français. Dans la parole des apprenants finnophones, ce type de mouvement est nettement plus rare : il apparaît seulement dans 30,7% des cas. De plus, la partie descendante du mouvement intonatif est moins importante dans la parole des apprenants finnophones que dans celle des locuteurs natifs. Les points d’exclamation sont le plus souvent interprétés par les apprenants finnophones par la présence d’une une chute intonative (37,3%). Ce type apparaît aussi dans la parole des locuteurs natifs, mais plus rarement (20,0%). Aussi bien dans la parole des locuteurs natifs (16,0%) que dans celle des apprenants finnophones (22,7%), la présence d’un point d’exclamation peut également être marquée par une montée mélodique, mais cela n’est pas très fréquent.

Notre corpus consiste en des enregistrements où 15 apprenants finnophones du français et cinq locuteurs natifs du français lisent un extrait d’un dialogue tiré de la pièce de théâtre En attendant Godot (Beckett, 1952). Les locuteurs finnophones sont des étudiants qui ont suivi un cours de français au Centre de langues de l’Université de Helsinki (Finlande). Leur niveau de français oral est A1-A2 (CEFR, 2022). Les locuteurs natifs sont des étudiants Erasmus à l’Université de Helsinki.



Last updated on 13/03/2026 01:09:33 PM